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Vision de la Rumeur
17-11-2004



Voici comment s'est déroulée cette affaire, récit écrit par les accusés, que l'on peut lire sur le site http://www.larumeur-records.com/ Dans le cadre de la promotion de notre premier album «L’ombre sur la mesure» nous avons fait paraître un magazine gratuit entièrement rédigé par nos soins. Dès les premières semaines de distribution les ennuis commencent…Les responsables de Skyrock font pression sur la maison de disque Emi Music afin de retirer le magazine de la circulation, jugeant que l’article «Ne sortez plus sans votre gilet pare-balles» porte directement atteinte à leur intégrité. Non contents d’être parvenus à leur fin, les premiers sur le rap (lol) déposent plainte pour « incitation à la haine et à la violence ». Un exemplaire du magazine est désormais entre les mains de la police… Quelque jours plus tard, nous apprenons que l’article «Insécurité sous la plume d’un barbare» a conduit le Ministère de l’Intérieur à porter plainte pour «diffamation publique envers la police nationale». Janvier 2003, la plainte déposée par Skyrock pour «incitation à la violence» n’a pas abouti et s’écrase aussi lamentablement qu’elle a décollé. En revanche la deuxième plainte accouche d’une mignonne procédure pénale et d’un joli petit procès, le 12 novembre 2004 devant la 17ème chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. Mais qu’est-ce qui nous a pris? Quelle mouche nous a piqué? Par quel impardonnable besoin de vomir avons-nous été aveuglé?Car après tout, à part quelques balles policières logées dans le crâne ou la nuque d’enfants des cités, une justice de classe, l’enfouissement de notre véritable histoire, une criminalisation à grand renfort de crachats médiatiques et un nombre écrasant de chômeurs et précaires…ne fait-il pas bon vivre dans nos quartiers ? Affaires à suivre… Ou encore la vision d'Hamé... Le rendez-vous est pris. Le 12 novembre 2004, j’aurai l’insigne privilège d’exposer ma vision de la police française aux magistrats de la 17ème chambre correctionnelle du TGI de Paris. On le sait , l’issue de ce procès me pend au tarin comme un ultime avis de recouvrement du Trésor Public, et comporte presque autant de suspens qu’un match qui opposerait le Real de Madrid au Football club de l’amicale portugaise d’Argenteuil… La comparaison est à peine exagérée et le rapport de force tout aussi équilibré. A ma décharge, une dizaine de précieux témoins et la plaidoirie d’un avocat sachant serpenter le droit comme un vieux loup de mer en eau profonde. A charge, le rouleau compresseur d’une institution hors d’atteinte ! La plainte du Ministère de l’Intérieur offre donc, en plus de quelques sueurs froides à mon carnet de chèque, le doux sentiment que la liberté d’expression demeure ce « bon fait du prince, accordé à celui qui n’en fait pas grand chose »(1). A l’instar des poursuites contre les militants de l’association Bouge qui Bouge (2) , la démonstration risque une nouvelle fois d’être des plus limpide : dénoncer publiquement les crimes policiers est une hérésie coûteuse qui de toutes les façons ne nous est pas permise. A nous qui, si j’en crois TF1 et Le Point, « dé-territorialisons » la civilisation républicaine. Gageons que les derniers 70 % d’opinions favorables au petit Nicolas n’arrangeront rien à notre cas. Dans un tel contexte politico-idéologique, délétère et fascisant, la place au banc des accusés revêt un caractère honorifique qu’il convient d’assumer… par la rupture ! Rompre d’abord avec les précieux conseils qu’ont cru bon me suggérer quelques âmes bienveillantes depuis les bureaux feutrés de ma maison de disque , à l’heure où Sarkozy déposait plainte : « Tiens-en toi à la liberté d’expression, ne te lances pas dans un débat politique…on te paye un avocat et tu nous laisses faire ! » Rompre !! Rompre une bonne fois pour toute avec les lamentos de l’honnête contribuable éploré face à son créancier. Rompre avec cette putain chaste qu’on appelle Pitié ou Clémence ; avec ces mot creux qu’on nous jette au visage comme des grains d’avoine : intégration, citoyenneté, mérite. Rompre avec l’idée que se font de nos vies les porcs qui nous piétinent et les ventres repus qui leur en donnent l’ordre ou la bénédiction. Rompre !! Rompre et renouer avec le dévouement à nos colères. Comme un devoir de haine. La haine de ce qui nous tue à petit feu ou par « le sort » d’une balle partie « accidentellement ». De ces balles qui n’envoient qu’à de très rares exception leurs expéditeurs derrière des barreaux ; de ces balles que recevaient déjà en pleine poitrine les bergers sans terre de l’Algérie des années 20, les manifestants de juillet 53(3) ou d’ octobre 1961, et dont les faciès ressemblaient assez curieusement à ceux des victimes actuelles . Rompre !! Rompre avec les histoires de chasse relatées par les chasseurs, et convoquer à la barre la mémoire des Lions(4). En particulier celle qui, couvrant les trois dernières décennies de l’hexagone, révèle le sinistre champ de cadavres inscrits au compte de la « légitime panique » tricolore. La seule année 2003 a déjà pourvu son lot de stèles d’une dizaine de « cas de blessures mortelles ». Rompre comme on rompt le cou des mythes post-coloniaux et la légitimation qu’ils apportent à bien des violences institutionnelles. Violences qu’on ne qualifiera jamais d’illégitimes car c’est bien connu : « L’Etat, et l’Etat seul, a le monopole de la violence légitime »(5). Rompre !! Jusqu’au dernier chargeur. Jusqu’à la dernière rime. Jusqu’à en puer de la gueule ! Jusqu’à ce qu’un nouveau rapport de forces ordonne à la peur de changer de camps ! C’est donc animé des plus belles intentions à l’égard du genre humain sans képi ni portefeuille ministériel, que je me présenterai au juge chargé de me faire passer l’envie « de porter atteinte à l’honneur de la police ». Pour l’heure « sur le monde envahit de tant de muselières, dans le Paris des chiens je vais l’âme légère ! »(6) Hamé. (1)-Ca doit être de Diderot, je crois…enfin, un célèbre crooner en tous cas. (2)-Poursuivis et condamnés en 2003 pour avoir édité un tract intitulé « La police tue toujours, La justice couvre encore». Ce tract fut rédigé après la mort d’un des leurs, Mohamed Berrichi, au cours d’une course-poursuite avec la Bac de Damarie Les Lys. (3)-Le 14 juillet 1953 place de la Nation à Paris, la police tire sur un cortège de manifestants Algériens indépendantistes du MTLD. Bilan : 7 morts (6 jeunes ouvriers algériens et un métallurgiste français ). (4)-Référence à un vieux proverbe Africain qui dit que « Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les récits de chasse glorifieront le chasseur. » (5)-Disait mon prof d’instruction civique de 3ème . (6)-Léo Ferré, La violence et l’ennui. La rumeur
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